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Les portes du choeur

Les portes à doubles vantaux du chœur

Hautes de plus ou moins trois mètres, ces portes témoignent de l’art incomparable des ébénistes liégeois au XVIIIe siècle. Les décorations raffinées,  de style Louis XIV, qui ornent les quatre battants sont l’œuvre d’un véritable orfèvre.

Ces portes avaient disparu il y a un quart de siècle et l’on s’était fait à l’idée qu’elles avaient dû être détruites suite à une attaque de mérule. Jusqu’à ce qu’en 2010, Albert Vandervelden, antiquaire à Liège, fondateur de ‘La Mésangère’, les identifie dans un lot de meubles qu’il avait acheté et décide de les restituer gracieusement à la collégiale.

La restauration de ces magnifiques portes, financée par l’asbl Art et Histoire – Saint-Barthélemy – Liège sera, elle aussi, marquée d’épisodes extravagants. Mais c’est finalement, le travail minutieux et talentueux de l’ébéniste-restaurateur Denis Bruyère (65, Sassor, Theux, www.denisbruyere.be) qui leur rendra leur splendeur.

Chacun des vantaux est décoré de deux panneaux superposés, bordés de gorges profondes. Au centre du panneau supérieur très allongé, un grand cartouche elliptique cerne une délicate résille à fleurettes entourée de feuilles d’acanthe et de culots exécutés avec une grande finesse. Le panneau inférieur, très court, est lisse au centre mais, tout comme le panneau supérieur, ses quatre coins sont ornés d’élégants écoinçons. Un motif symétrique élaboré à partir d’entrelacs, d’agrafes et acanthes garnit les montants et le linteau. L’équilibre des proportions et l’ordonnance du décor ont été inspirés par les canons du classicisme français.

Le christ du Westbau

Dans le contre-choeur  roman, un christ en bois polychrome est suspendu  au-dessus des fonts baptismaux.  Il date du premier quart du XVIe siècle et se trouvait à l’extérieur avant la restauration de l’église, sous un auvent, sur le mur sud du Westbau. On l’aperçoit sur la gravure de la collégiale exécutée par Remacle LE LOUP pour illustrer les Délices du Païs de Liège (1738-1744) de Pierre-Lambert de SAUMERY.

La longue exposition aux intempéries avait sérieusement dégradé cette sculpture dont le bois et la polychromie étaient fortement altérés. En 2012-2013, la restauration (financée par l’asbl Art et Histoire – Saint-Barthélemy – Liège) fut réalisée par Isabel Bedós Balsach (Conservation-Restauration de sculptures, rue Simonis 7, 1060 Bruxelles, i.bedos@yahoo.com ), révélant la beauté de cette œuvre trop longtemps négligée.

« Le christ est représenté barbu et aux cheveux longs et ondulés, dont quelques mèches tombent sur l’épaule. La tête repose sur son épaule dextre, les yeux sont fermés et les lèvres charnues. Il porte une couronne d’épines formée de branches entrelacées.

Le sang peint, coule le long de la tête des plaies engendrées par la couronne d’épines, de celles des mains, des jambes, des pieds et du flanc dextre qui est taillé en creux dans le bois.

Le périzonium est court et croisé à l’avant ; un pan passe à l’intérieur du tissu, sort entre les jambes et retombe à l’arrière.

Les pieds sont croisés et percés d’un clou en fer forgé à tête pyramidale.

Le christ est mince et longiligne, mais les muscles et l’ossature sont bien marqués. » ( I. Bedós Balsach. Août 2013. Rapport d’étude et de traitement de restauration – Christ en croix – Église Saint-Barthélémy – Liège)

 

Les grandes orgues

Les grandes orgues de la collégiale Saint-Barthélemy ont été construites entre 1849 et 1851 par le facteur d’orgues Joseph MERKLIN (1819-1905), établi à Bruxelles, en collaboration avec son beau-frère Friedrich SCHUTZE pour la partie mécanique. Elles devaient remplacer un instrument de la fin du 16e siècle, dont le beau buffet sculpté se trouve dans l’église de Quenast.

Le nouvel instrument prit place sur une tribune contre le mur ouest de l’église, au-dessus d’un vestibule aménagé dans l’avant-corps au XVIIIe siècle. À son achèvement, l’orgue comprenait 36 jeux.

Les sculptures du buffet sont l’œuvre de P. RADINO et, au point vue esthétique, l’instrument se trouve à la charnière entre l’époque classique et l’époque romantique.

Entre 1885 et 1887 Pierre SCHYVEN, qui avait repris les ateliers de Merklin, entreprit des travaux importants, au point de faire apposer une barre d’adresse à son nom au-dessus des claviers de la console. On lui doit notamment l’installation d’une machine BARKER, destinée à rendre plus léger le jeu de l’organiste lors de l’accouplement des claviers, ainsi que la  voix céleste, jeu caractéristique de l’époque romantique.

Au début de la dernière campagne de restauration de la collégiale, la volumétrie intérieure de l’avant-corps fut modifiée afin de mettre en valeur sa spatialité romane. Le vestibule fut supprimé et l’orgue fut démonté, soigneusement analysé et mis en caisses fin 1976 – début 1977. Pour pouvoir le remonter, une imposante dalle en béton fut coulée, ancrée à l’arrière dans deux pilastres de la nef et suspendue à l’avant par 2 fois 4 câbles en acier rattachés à une poutre sous la toiture.

La restauration fut confiée à la manufacture d’orgues SCHUMACHER d’Eupen, l’auteur de projet étant Luc DE VOS.

Une première phase des travaux a été exécutée durant le 1er trimestre de 2006 : pose de la soufflerie, du buffet, de la mécanique, des tuyaux de façade… Suite à des problèmes techniques, budgétaires et administratifs, la 2e phase n’a pu commencer qu’en mai 2013 pour s’achever en 2014. Le nombre de jeux a été porté de 37 à 40 (voir tableau), les tuyaux de pédale de 25 à 30 par jeu. L’harmonisation des quelque 2.500 tuyaux a été effectuée par Marc GARSOU, travail supervisé par Koos VAN DE LINDE.

L’inauguration des grandes orgues rénovées eut lieu le 19 octobre 2014.

Composition de l’orgue après sa restauration en 2013-2014

Grand orgue Récit
1. Principal 16’ 1. Bourdon 8’
2. Montre 8’ 2.Dolce 8’
3. Bourdon 8’ 3. Cor de chamois 8’ (nouveau)
4. Flûte 8’ 4. Flûte 4’
5. Viole de gambe 8’ 5. Fugara 4’
6. Prestant 4’ 6. Cornet II-III
7. Flûte 4’ 7. Basson-hautbois 8’
8. Doublette 2’ 8. Voix humaine 8’
9. Nasard 2 2/3 (nouveau) Pédale
10. Fourniture IV-VI rangs 1. Violon 16’
11. Cornet V (à partir de Cis 3) 2. Soubasse 16’
12. Trompette 16’ 3. Flûte 8’
13. Trompette 8’ 4. Bourdon 8’ (nouveau)
14. Clairon 4’ 5. Bombarde 16’
15. Bombarde 16’ 6. Trompette 8’
Positif 7. Clairon 4’
1. Bourdon 16’ Accouplements par cuillers
2. Montre 8’ -Tonnerre
3. Bourdon 8’ -Tirasse G.O.
4. Salicional 8’ -Tirasse Pos.
5. Voix céleste 8’ (à partir de C2) -Tirasse Récit
6. Prestant 4’ -Pos. au G.O
7. Flûte traversière 4’ -G.O. à la machine
8. Flageolet 2’ -Récit au G.O.
9. Plein jeu III - Appel des anches, cornet,fourniture du G.O.
10. Trompette 8’
11. Euphone 8’
- Expression (boîte ouverte par cuiller)
- Trémolo.