Le carillon

En 1804, la collégiale acquiert le carillon de l’ancienne abbaye du Val Saint-Lambert, démolie à la Révolution. L’instrument de 40 cloches, fondues par Matthias Vanden Gheyn (1721-1785), datait de 1774 et ne fonctionna à Saint-Barthélemy qu’à partir de 1807. Les cloches, joliment décorées, sont aux armes du père abbé Simon-Joseph de Harlez (1700-1782). La frise comporte un motif floral avec quelques anges et un blason.

L’instrument historique est accordé en un tempérament à tendance mésotonique, sur une base de fa. Une cloche Causard fut ajoutée à l’ensemble campanaire en 1897. Le carillon fut restauré, à l’occasion de l’exposition universelle de 1930, par la firme Somers et Michaux. Le concert inaugural du 15 juin 1930 fut donné par le maître carillonneur Jef Denyn. Par la suite, l’instrument ne fut pratiquement plus joué.

La restauration de l’instrument en 2004 et 2014 se concentra sur la protection des cloches de 1774, consistant en un nettoyage en vue de limiter l’ampleur de la corrosion, et en une extension de l’étendue du carillon : 12 cloches fondues par Koninklijke Eijsbouts (Asten, NL) étant ajoutées pour obtenir quatre octaves (soit un total de 50 cloches). La tour sud contient à ce jour 7.802 Kg de bronze.

Datant également de 1774, le tambour programmable et l’horloge de l’abbaye du Val Saint-Lambert, ouvrages de l’horloger Ghislain Lion, furent installés à Saint-Barthélemy en 1804. Très vite, le système d’horlogerie, surtout le tambour, montra des dysfonctionnements justifiant les

importantes modifications que fit M.A. Lovinfosse (en 1816 et 1868 principalement). Aujourd’hui, le tambour programmable ne possède plus beaucoup de pièces d’origine, mais témoigne d’un système particulier « à fonction double par décalage automatique ». Le remontage automatique de 1930, rectifié en 1932, semble avoir fonctionné jusqu’en 1974, année de la dernière audition des heures.

Un premier dossier d’analyse et de demande de restauration fut déposé en 1976 et ce n’est qu’en 1998 que les grands travaux entrepris pour restaurer l’ancienne collégiale impulsèrent la restauration, en deux phases, de son mobilier campanaire. La tour sud pouvait à nouveau dévoiler celui-ci, entièrement rénové, le week-end des 29 et 30 novembre 2014.

La cloche Causard n’a pas retrouvé sa place parmi les cloches du carillon; elle est aujourd’hui exposée dans le bras nord du transept de la collégiale, en attendant d’être placée dans la tour nord, comme cloche de volée, en compagnie de quelques cloches à acquérir.

Données techniques :
Carillon de 50 cloches : do1, mib1, fa1 (= do0 clavier), sol1, la1 – chromatique jusque fa5.
38 cloches Matthias Vanden Gheyn (1774), 12 cloches Eijsbouts (2004 et 2014)
Bourdon : 1.905 kg.
Poids total : 7.802 kg.
Jeu automatique : par actionnement pneumatique (2014).
Cloches de volée : aucune à ce jour.
Responsable : asbl Art et Histoire – Saint-Barthélemy – Liège